Après la mort de Daniel Siad, l’État français assigné devant le tribunal judiciaire de Paris pour « faute lourde » dans l’affaire Epstein

Par :
Bérengère Margaritelli
mercredi 26 août 2026 13:46 - 2 min
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L’État français est doublement assigné pour « faute lourde » dans le volet local du dossier Epstein, par Ebba Karlsson, ex-mannequin suédoise qui accusait Daniel Siad de viol, et par l’association Innocence en danger, selon des éléments dont l’AFP a eu connaissance ce mercredi 26 août.

Le rabatteur présumé du pédocriminel américain Jeffrey Epstein a été retrouvé mort fin juillet à son domicile de Colombes (92), éteignant, de fait, les investigations le visant – mais pas l’enquête du parquet de Paris autour du dossier Epstein. Une issue « vécue comme une injustice pour les victimes », déplorait Ebba Karlsson mi-août.

« Inaction fautive »

La quinquagénaire avait en effet porté plainte en début d’année à Paris, affirmant avoir reconnu, sur une photo présente dans les fichiers Epstein, Daniel Siad, qui l’aurait violée en France dans les années 1990. Visé par plusieurs plaintes, notamment pour viol, ce dernier faisait l’objet à Paris d’une enquête et contestait les accusations.

L’assignation de l’ex-mannequin a été signifiée vendredi 21 août dernier devant le tribunal judiciaire de Paris. Une audience est prévue courant 2027.

Les deux avocats d’Ebba Karlsson, William Bourdon et Colomba Grossi, insistent sur l’absence de garde à vue et d’audition de Daniel Siad, dénonçant « une inaction fautive du service public de la justice ». Ils demandent notamment au tribunal de constater le « dysfonctionnement du service public de la justice ».

Une procédure distincte

De leur côté, Homayra Sellier et Jean Sannier, présidente et avocat d’Innocence en danger, ont indiqué à l’AFP que l’association se joignait « à l’action de Mme Karlsson, visant à demander des comptes à l’État français ». Innocence en danger dit partager « la colère de toutes les victimes de ce terrible dossier ».

C’est toutefois dans une procédure distincte signifiée quelques jours plus tôt, le 31 juillet, que l’association a assigné l’État devant le tribunal judiciaire de Paris, comme elle l’avait précédemment annoncé. Jean Sannier y pointe un « fonctionnement défectueux du service public de la justice » et un « déni de justice » dans son traitement du volet français de l’affaire Epstein.

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Bérengère Margaritelli

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