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Un investisseur immobilier qui avait enfreint les règles encadrant la location de meublés touristiques à Marseille a été condamné mercredi à 440 000 euros d’amende.
L’homme avait changé l’usage d’un petit immeuble d’habitation du quartier touristique du Panier et d’un appartement du centre-ville pour en faire des locations de courte durée, sans autorisation et sans avoir réalisé les compensations obligatoires.
Se décrivant comme « coach immobilier » ou « influenceur en immobilier », il se vantait sur les réseaux sociaux d’avoir gagné « un million d’euros en quatre ans » ou bien de faire « du business, pas de la charité ».
Le tribunal a condamné trois sociétés appartenant à ce multipropriétaire qui exploitait six meublés. Les biens loués lui avaient rapporté, selon la ville, plus de 1,3 million d’euros, de 2022 à 2025.
Le jugement relève également le décalage entre les profits générés par ces locations selon les données de la plateforme Airbnb et les revenus déclarés par le propriétaire.
Les appartements rénovés doivent de plus retrouver leur usage d’habitation sous quinze jours, exige encore le jugement, lequel constate par ailleurs qu’ils ont simplement été « masqués » sur la plateforme Airbnb et proposés en baux mobilité (bail pour un logement meublé pouvant aller jusqu’à 10 mois).
Pour l’avocat de la ville, Jorge Mendes Constante, qui salue la « vertu pédagogique » d’une telle condamnation, celle-ci constitue « un apport fondamental dans la lutte engagée pour le logement des Marseillais ». La ville requérait initialement 1,5 million d’euros d’amende contre l’investisseur.
L’explosion des locations saisonnières provoque une modification des quartiers avec augmentation des loyers et une pénurie de logements sur le marché locatif classique, déplore la municipalité.
« Les premières décisions judiciaires sévères comme celle-ci ont permis en un an de voir le nombre de meublés de tourisme se réduire à 10 827 logements en 2025 contre 12 937 logements pour l’année 2024 », affirme l’avocat.
La mairie de Marseille avait durci les règles pour limiter l’explosion du nombre de meublés touristiques et assigné plusieurs contrevenants. Parmi les mesures prises pour juguler l’offre sur les plateformes de type Airbnb, une autorisation est désormais nécessaire pour modifier l’usage de locaux d’habitation en meublés touristiques et la location de meublé de tourisme en dehors de la résidence principale n’est, depuis 2025, autorisée qu’avec compensation (proposer à la location longue durée une surface équivalente).

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